LA GARE DE LAVOUX

Publié le par Les Amis du Patrimoine Lavousien

Située a l'entrée nord du bourg sur la route de Liniers, la gare de Lavoux reconvertie en maison d'habitation peut paraître énigmatique aux lavousiens d'adoption. Elle constitue cependant un témoignage (voir aussi la rue du Petit train à partir de la place de Lavoux) d'une activité ferroviaire dans le village au début du XXème siècle.

Il s'agit de la ligne de Chatellerault à Bouresse, longue de 70 kilomètres dont le but essentiel était de desservir par un tramway à vapeur, la vallée de la Vienne, pour assurer le transport des populations (animées et laborieuses) et des marchandises des agglomérations traversées.

Le concessionnaire gestionnaire fut la Compagnie des Voies Ferrées du Poitou (V.F.E.P.) par décision du Conseil Général de la Vienne.

Parcours de la ligne sur la commune

Parcours de la ligne sur la commune

Les constructions des stations intermédiaires sur cette ligne, comme celle de Lavoux, étaient toutes du même type. Elles comprenaient un bâtiment pour les voyageurs renfermant la salle d'attente, le bureau et le logement de fonction, auquel était accolée une halle pour les marchandises. Un quai découvert et des cabinets d'aisances complétaient ces installations.

C'est le 1er avril 1914 que le deuxième tronçon Bonneuil Matours - Chauvigny est mis en service et donc que les 803 habitants d'alors de Lavoux ont eu la possibilité d'en bénéficier (il en a coûté 60 000 francs à la commune). Contrairement aux arguments de départ pour justifier le crochet de la ligne de Lavoux qui quitte ainsi la vallée de la Vienne, l'installation des tramways n'a pas été utilisée pour le transport de la pierre.

Horaires à partir du 20 mai 1914

Horaires à partir du 20 mai 1914

"Le tramway c'est le métro de campagne" avait dit un journaliste de l'époque. Le tramway avait une vitesse maximale de 35 kilomètres/heure. Il fut surnommé le "Tulâne"... Il avait droit à une chanson dont le 4ème couplet précise :

Un jour que je n'pouvais pas grimper

Une côt'

Au d'vant moi on avait envoyé

Comme' remorqu'

Un' pauvre vieille bourrique

Toute boiteuse et étique

J'arriv' sans la voir

Pan ! je l'envoi' raide à l'abattoir !

Sur l'ensemble de l'ancien parcours, y compris sur le parcours lavousien, le promeneur peut encore remarquer l'emplacement de la voie ferrée et divers autres indices, lorsque les travaux agricoles ont remué la terre.

LA GARE DE LAVOUX
Tire-fond de sabots de rail trouvés par Jean Jacques Perronnet voisin de l'ancienne gare

Tire-fond de sabots de rail trouvés par Jean Jacques Perronnet voisin de l'ancienne gare

Une situation déficitaire amena la fermeture de la ligne et en 1932 l'on commença à déposer les voies. La vente aux enchères des gares s'échelonna de 1934 à 1936. Les parcelles de la voie furent vendues à l'amiable avec droit de préemption aux propriétaires riverains qui trouvèrent là une source de récupération du sable composant le ballaste.

Les collectionneurs de cartes postales recherchent depuis longtemps la carte de la gare, il semblerait qu'elle n'ai jamais existé. Si une photo d'amateur la représentant en activité se trouve dans vos archives, merci de nous informer en l'utilisant le "contact" du blog.

Sources :

Petit train au fil de la Vienne, Jacques BOUQUET. Editions Cénomane, Paris, 2003.

La ligne de Chatellerault à Bouresse, Robert SEXE, revue "Le Picton", n. 67, janvier-février 1988.

Tramway à vapeur de Châtellerault à Chauvigny, JAMES. Editions Millet et Pain, Poitiers, 1897.

Rédaction : Robert Granseigne et Alain Georgel

Participation : Léandre Martin

La seule façon de ne pas rater le train est de manquer celui d'avant.

Gilbert Keith Chesterton

Publié dans Les brèves d'histoire

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