LE TEMPS DE LA VIE - (2ème thème)

Publié le par Les Amis du Patrimoine Lavousien

La nature nous offre ses richesses à voir, entendre, sentir ou bien consommer, est-ce alors pour nous une espérance ou un devoir de faire que cela continue

Les piafs, réjouissez-vous s'ils ornent vos terrasses, toits d'auto ou barbecue de leurs crottes, ce sont celles de la vie.

Ces moineaux sont tous deux brun gris.

Le moineau domestique accuse 10 grammes de plus à la pesée, il a une calotte grise, un bandeau noir sur l'oeil, partant de la base du bec, un petit sourcil blanc et la joue grisâtre. Il a une bavette noire qui s'étend de la base du bec et empiète sur la poitrine.

Le moineau domestique

Le moineau domestique

Le moineau friquet lui, a sa calotte et nuque brune, la joue blanche et une tâche noire sur cette joue qui pourrait être une oreillette, il a aussi une bavette noire qui s'étend seulement au cou.

Le moineau friquet

Le moineau friquet

Leur différenciation est facile hormis les femelles qui ne se différencient que par leur taille.

Ces deux moineaux étant du même genre, des cas d'hybridation ont été constatés, les croisements ainsi empêchés sont généralement stériles ; mais il existe des cas d'hybrides féconds chez d'autres espèces animales et végétales.

Cette situation n'a jamais été importante pour l'espèce et ne l'est plus car le moineau friquet a bel et bien disparu de notre région, même si sa répartition géographique est recensée dans toute l'Europe (voir : inventaire Faune de France, 1995).

Leur habitat : On dit que leur habitat est strictement lié à la présence de l'homme, je vais donc apporter une variante à cette affirmation en notant : que leur présence est liée partiellement à l'activité humaine, c'est le phénomène « supérette », la facilité, celle qui engendre la dépendance.

Mais encore une fois : de l'homme ou du piaf, qui était le premier ?

Toujours est-il que dans la campagne de mon jeune âge, nombre d'épis de blé, d'orge ou d'avoine ont rompu sous le poids de ces oiseaux. Il en était de même pour les endains de paille, qui en attendant d'être mis en bottes, étaient recouverts de myriades de moineaux se déplaçant à l'unisson, à l'image de chercheurs d'or. Bien sûr toujours plus vite, toujours plus loin, avec la découverte du nouveau grain « plus gros, plus jaune, plus lourd » et donc plus cher à leurs yeux.

Je ne vais pas parler d'exode vers les villes, les murs n'auraient pas suffit à accueillir ce peuple des plaines.

La question du moment a été : « si vous restez, vous mourrez », les champs étant désherbés, désinsectisés, et les grains et semences impropres à la consommation animale et Humaine pour ne pas dire empoisonnées (thirame) (1)

LE TEMPS DE LA VIE - (2ème thème)

Seuls les oiseaux des villes ont été protégés, leur nourriture étant composée de fruits et d'insectes et de quelques graines issues d'un propriétaire négligeant.

Mais les gens des villes n'ont pas tardé à rejoindre les gens des champs dans leurs quêtes de perfection ou du profit : peut-être tout simplement du bien être, mais celui-ci n'a t'il plus de raison d'être quant il nuit à autrui ?

Les rescapés, ces moineaux ne sont pas des bâtisseurs, dame nature en effet, ne les a pas doté de cette capacité, ou bien est ce une intelligence de simplement se contenter de bourrer quelques plumes, poils, laine et brins de paille dans une anfractuosité de mur ou de rocher, dans une plaie d'arbre ou un ancien nid de pie, corneille, merle ou écureuil, sachant que pour la majorité des espèces, cette maternité n'aura d'usage qu'une seule année.

Alors que dirons-nous des laborieux, ces oiseaux qui attachent un devoir, une fierté à réaliser ce que leurs parents, ainsi que les parents de leurs parents ont toujours réalisé : « un nid bien fait », c'est inscrit dans leurs gènes à n'en pas douter.

Chaque femelle donne naissance à 10 ou 18 petits chaque année, en trois pontes de mai à juillet.

Les parents couvent pendant 14 jours, chacun leur tour et là encore le réchauffement climatique entraine quelquefois des couvaisons plus précoces, mais quand il fait chaud pour les oiseaux, il fait chaud pour les insectes et les plantes.

Nos piafs grégaires dorment en colonies, essentiellement dans les arbres et arbustes à feuillages persistants (genévriers, lauriers) ou manteau de lierre ayant envahi arbre, mur ou paroi rocheuse.

Ces opportunistes se sont habitués à séjourner et dormir à proximité de leurs « supérettes » lieux de nourrissage, dans les haies la plupart du temps, quoique... ou dans un trou de mur, sous toitures ou bien dans des meules de paille.

Les réveils sont toujours animés, telle une cour d'école, chacun à son mot à dire, globalement incompréhensible, ces cris s'arrêtent brusquement à la vue du « maître » qui n'est autre qu'un de leur prédateur (chat, crécelle ou épervier).

La marmaille se calque alors au comportement des plus grands, la culotte hérissée précède l'envol avec un bombardement de crottes (sûrement de peur) pour se réfugier dans des buissons acérés (aubépine, berberie ou pyracantha).

Une cour d'école sans bruit est une cour d'école sans vie, et le danger éloigné chacun reste dans son repaire mais recommence à piailler pour s'enhardir et repartir un par un, puis le groupe entier à leurs occupations du jour : « bains, grains, copains » sous surveillance des plus grands

Leur protection ne tient qu'à nous, mais que faut-il pour changer des habitudes et des mentalités : « il faut du temps ».

Un premier geste :

Le mètre carré : le carré de pelouse que nous pouvons laisser à la nature. Il va nourrir et abriter nombre d'insectes qui échapperont ainsi à la tondeuse, les graminées vont fleurir et épier donc satisfaire abeilles et ravir les granivores.Le couvert d'herbe et de feuilles garde des insectes et vers, accessibles en hiver.

Je reparlerai dans les autres articles de la protection des milieux naturels.

NB : Si par bonheur vous avez observé un moineau friquet dans votre environnement, n'hésitez pas à nous en faire part.

Rédaction et photos : Lionel Mauny

Prochain article : Rouge gorge et troglodyte mignon

(1) THIRAME : Le Thirame est un fongicide de contact à large spectre. Il agit en bloquant la reproduction des champignons. Composé de carbamate et de soufre, sa formule chimique est C6H12N2S4. Toxicité aigüe à mi chemin entre les composés organophosphorés et les organochlorés. Toxique par inhalation. Irritant pour la peau, les yeux, et les voies respiratoires. Action résiduelle de courte durée dans l'environnement. Toxique pour les abeilles. Dangereux pour les oiseaux, les mammifères.

On l'utilise sur céréales (septoriose, fusariose), soja, colza, pomme et poire (tavelure), pêche (cloque du pêcher), agrumes.Parfois utilisé comme insecticide, bactéricide, répulsif contre les lapins et les corbeaux.

(Wikipédia)

Publié dans Biotope idéal

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

René Gallaud 07/07/2014 08:58

Article bien documenté, plein d'empathie pour ces petits oiseaux.

Marmotte rousse 07/07/2014 08:17

Je vois que nous avons un autre centre d'intérêt en commun: celui de la protection de la nature...

sanglier 31/07/2014 07:45

merci pour votre soutien car ces oiseaux sont comme la liberté :c'est quand on ne l'a plus qu'elle nous manque,