LE MARCHÉ DE LAVOUX

Publié le par Les Amis du Patrimoine Lavousien

Invitation au marché

Invitation au marché

Il y a quelque temps, le conseil municipal de Lavoux a lancé l'idée de remettre en place un marché à Lavoux.

Trois mois après son lancement l'activité demeure et semble même bien s'installer. On vient au marché de Lavoux, de la commune bien sûr mais aussi des communes environnantes. C'est un moment de rencontres, d'échanges et de convivialité.

Le marché de Lavoux

Le marché de Lavoux

Nous avons dit « remettre en place », pourquoi ? Tout simplement parce qu’à différentes époques, des foires ou marchés se sont tenus à Lavoux.

La plus ancienne date de foire trouvée ce jour est du XVè siècle, en 1491, il y a déjà un peu plus de 5 siècles. Nous sommes sous le règne de Charles VIII. "Le roi concéda deux foires à des paroisses relevant de Touffou : celle du 30 avril, à Lavoux (aujourd’hui (1963) cette foire est le 28), et celle du 6 septembre à Saint Claud (devenue la foire du 7 septembre à La Chapelle-Moulière). (1)

Carte représentant les foires existantes à Lavoux et autour de Lavoux au XVè siècle

Carte représentant les foires existantes à Lavoux et autour de Lavoux au XVè siècle

Ce document parle de foire, dans l'actualité nous parlons de marché. Peut-on pour autant parler de différences fondamentales. Il semble que non, en effet, nombre d’anciens textes étudient ensemble ces deux éléments, précisant qu’il s’agit d’assemblées commerciales périodiques et régulières où vendeurs et acheteurs se rencontrent. Dans les deux formes, il s’agit de lieux d’échanges. Une différence cependant, les démarches nécessaires à la création des foires sont plus longues et plus complexes que celles concernant la création des marchés.

Nous n’étudierons pas plus longtemps ces nuances sémantiques ni leur réglementation spécifique, nous pouvons en résumé simplement dire que la réglementation concernant les foires était plus complexe que celle des marchés.

L’objet de cet article est essentiellement de partager avec vous l’histoire des "assemblées commerciales" de notre commune de Lavoux.

Que nous apprennent les documents trouvés ?

Tout d’abord, les rapports et délibérations du Conseil général de la Vienne nous apprennent ceci :

- En 1849, le Conseil municipal de Lavoux dépose une demande d’autorisation de création d’une foire dans sa commune

- En 1850, cette autorisation sera accordée

- En 1855, Lavoux sera autorisé à modifier la date de sa foire. Elle se tiendra dorénavant le 28 avril au lieu du 30 avril.

Il s’agissait alors d’une foire annuelle.

Puis, une délibération du Conseil municipal de Lavoux en date du 18 décembre 1855 nous informe que le maire, Monsieur Brissonnet ne manque pas d’éloge pour exposer aux élus les raisons de cette foire et nous confirme sa tenue annuelle en ces termes :

« Le Maire expose que dans l’intérêt du pays, il y a lieu de rappeler l’utilité de l’établissement d’une foire au chef lieu de cette commune qui se tiendrait le 28 avril de chaque année. Le conseil municipal considérant que Lavoux possède une magnifique place qui est traversée par la route de grande communication de Vivonne à Bonneuil-Matours et le sera sous peu par celle de moyenne communication de Mirebeau à Chauvigny ; qu’en outre le bourg de Lavoux est le point central du canton de Saint Julien à ces sortes d’établissement »

Nous pouvons donc supposer que cette foire s’est tenue régulièrement.

En 1867, l’abbé Jean Henri de la Porte Dutheil dans un courrier au sujet du prieuré écrira : « Le prieuré est un terrain clos d’un côté par l’église, d’un autre par le cimetière et des deux autres côtés par des murs qui le séparent du champ de foire et de la route de Chatellerault à Civray. »

Ce document nous permet de constater que notre marché actuel se tient pratiquement au même endroit que le champ de foire de cette époque !

En 1870, une délibération du conseil municipal indique que le champ de foire est en mauvais état et qu’il est urgent d’aviser d’un moyen pour le faire réparer immédiatement. Le maire, son adjoint, à défaut un membre du conseil municipal seront autorisés à surveiller les travaux qui vont avoir lieu au moyen d’une souscription volontaire !

Le 6 avril 1878, un arrêté municipal de la commune de Lavoux signé par le maire M. Guillot, nous montre que déjà à cette époque le civisme n’était pas le fait de tous !

« Considérant que dans l’intérêt général il y a lieu de faire enlever tous les divers dépôts qui séjournent sur la place publique servant de champ de foire, l’encombrent et nuisent à la propreté de la foire qui sera le 29 avril courant, le 28 étant un dimanche.

Arrêtons :

Les habitants qui ont déposé ou fait déposer quoi que ce soit sur la place publique sont invités à l’enlever immédiatement. Cet enlèvement de tout ce qui embarrasse la place publique devra être terminé le 14 de ce présent mois.

Passé ce délai, faute par quiconque de n’avoir pas fait place nette, il y sera pourvu d’office à ses frais.
Des procès-verbaux seront dressés contre les récalcitrants par le garde-champêtre et par la gendarmerie chargés de l’exécution du présent arrêté ».

Sans doute pour faire connaître la foire de Lavoux, le conseil municipal de la commune réservait également une certaine somme dans son budget pour la fabrication d’affiches publicitaires concernant la foire.

Nous trouvons également mention de la foire de Lavoux dans les Annuaires de Poitiers et du département de la Vienne, à la fin du XIXè siècle et au début du XXè siècle.

Une autre délibération du conseil municipal de Lavoux en date du 5 juillet 1906 nous apprend que ce dernier « donne connaissance d’une lettre de M. le Préfet relative à la suppression du crédit attribué au vétérinaire chargé de l’inspection des animaux les jours de foire. Le conseil prend la liberté d’exposer à Monsieur le Préfet qu’il n’existe à Lavoux qu’une seule foire par an, si toutefois on peut appeler foire la réunion, de quelques chevreaux car il ne se vend à Lavoux en fait d'animaux que des chevreaux ". Signé Louis Girault, maire.

Cependant, la lecture de quelques exemplaires de « La semaine (Avenir du dimanche), Journal politique, agricole et commercial nous informe qu’au moins jusqu’au 26 avril 1914, une foire était toujours signalée à Lavoux, le 30 avril.

Etait-elle alors encore en activité de temps à autre. Il nous faudrait sans doute approfondir la lecture de nombreux journaux de l’époque pour le vérifier.

Au travers de notre recherche concernant la foire et le marché de Lavoux, nous avons découvert un article de « La Grand’goule », 1930 (10) de M. Dubois-Richard, Professeur à la faculté de droit de Poiters, détaché à la faculté de droit du Caire, intitulé : « Eloge de l’autobus »

De retour dans notre pays après trois années d’absence, il constate quelques changements et notamment l’arrivée de l’autobus. En voici un extrait dans lequel il cite la marché de Lavoux :

 

Extrait de : "Eloge de l'autobus", cité ci-dessus

Extrait de : "Eloge de l'autobus", cité ci-dessus

Toujours dans les délibérations du conseil municipal de Lavoux mais un peu plus tard, il est à nouveau question de la création d’un marché :

Le 9 février 1941 : « Le conseil décide de la création, à Lavoux d’un marché destiné à l’approvisionnement des habitants en denrées alimentaires. Ce marché se tiendra le premier et le troisième mercredi de chaque mois sur la place publique de Lavoux. Il s’ouvrira le 5 février à 11 heures. La première heure est spécialement réservée aux clients de détails, les grossistes ne pourront acheter qu’à partir de midi. » Signé du maire, M. Brissonnet.

Foire ou marché, les deux ont eu lieu à Lavoux, sans doute de manière discontinue.

Malgré nos recherches, aucun témoignage ne nous a permis ce jour d'affirmer que la création du marché de 1941 à Lavoux s'est concrétisée ou pas.

Si parmi les lectrices et lecteurs, certains peuvent nous apporter des témoignages nous serions heureux d'en recevoir.

 

Note (1) : Bulletin de la Société des Antiquaires de l'Ouest, 1963, tome 7, 4ème série.

Rédaction : Chantal Popilus

Participation : Alain Georgel, Robert Granseigne

Photos : Fonds documentaire de l'APL

 

 

 

 

 

 

Dans sa volonté de supprimer les intermédiaires, il cherchait le moyen de passer directement du foin au lait sans passer par la vache.
Alphonse Allais

Publié dans Les brèves d'histoire

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René GALLAUD 12/12/2015 18:24

Merci pour cet article très agréable à lire. Continuez à nous parler de la vie autrefois.

Les Amis du Patrimoine Lavousien 12/12/2015 20:17

Merci de vos encouragements.